Confortement de talus en génie végétal

Techniques de liaison avec les ouvrages de génie civil

Confortement des berges du Gier au droit du remblai ferroviaire
du lit et des berges du Gier
Commune de Rive-de-Gier, (Loire, 42)

Maître d’ouvrage : SNCF Réseau

Groupement de Maîtrise d’œuvre : INGEROP / Actierra / Atif Systra

Travaux : Maïa Fondations / Perrier TP / La Compagnie des Forestiers
Chef de chantier : Thibault Desmazure

Le génie végétal pour conforter un talus
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Confortement de talus par génie végétal et liaison avec les ouvrages de génie civil

Contexte

Crue centennale du Gier

En octobre 2024, le Gier a subi une crue exceptionnelle de type centennal, avec un débit estimé à 454 m³/s, supérieur à celui de 2003, jusqu’alors qualifié de crue record avec un débit maximal de 371 m³/s.

Au niveau du lieu-dit Moulin Glattard, cette crue a provoqué un glissement de terrain d’environ 50 m en pied de berge et 30 m en crête, à proximité immédiate des voies SNCF. La stabilité du talus ferroviaire était directement menacée, compromettant la pérennité de la voie.

Érosion de berges - solution de confortement

Glissement de terrain

Érosion de berges - quelle solution de confortement
Glissement de terrain - Technique de génie végétal

Enjeux

Sécurisation du talus ferroviaire

La ligne SNCF, implantée sur des talus de 13 à 15 m de hauteur, subit la combinaison des mouvements de terrain, des contraintes mécaniques liées au passage des trains et de l’érosion des berges. Les travaux ont été entrepris en urgence pour sécuriser durablement les emprises ferroviaires.

Le projet prévoit le soutènement des berges, talus et remblais ferroviaires situés entre la voie ferrée et la rivière du Gier.

Solutions mises en œuvre

Ouvrages de soutènement en génie civil

Sur les zones soumises à de fortes contraintes hydrauliques et mécaniques (extrados), des enrochements liaisonnés ont été réalisés par Maïa Fondations et Perrier TP.

Ces ouvrages ont été réalisés par Maïa Fondation et Perrier TP.

Enrochements liaisonnés autour d’un exutoire

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Confortement de talus en techniques mixtes minéral et végétal

Entre mai et juin 2025, dans une zone à contraintes modérées et entre deux enrochements liaisonnés, des aménagements minéraux composés d’enrochements et de cinq épis plongeants ont été réalisés en amont de l’intervention végétale.

En période d’étiage, nous avons mis en œuvre les ouvrages de génie végétal sur 110 m linéaires, avec de nombreux raccordements aux structures en génie civil. L’association des techniques mixtes garantit la stabilisation des berges et des talus, leur intégration paysagère et leur fonctionnalité écologique. Les travaux se sont déroulés d’août à octobre.

Busage du cours d'eau

Busage du cours d’eau
Déviation provisoire des eaux du Gier par batardeaux et busage afin de créer un passage à gué et accéder au talus érodé en rive droite, sous la ligne SNCF.

Réalisation d'une piste d'accès au pied de berge

Création d’une piste de chantier
Aménagement d’une piste pour intervenir en assec dans le lit du cours d’eau, avec mise en place d’un filtre à MES en aval composé de granulats et de paille en cages gabions.
Cette piste isole la berge du reste de la rivière.

Épis plongeants en enrochements libres
Implantation de cinq épis plongeants (espacés de 30 m, longueur = 1/3 du lit mineur) afin de rediriger les écoulements vers la rive gauche.

Épis plongeants en pied de berge
Confortement de talus - Ouvrages mixtes minéral végétal

Déroulement du chantier de génie végétal

Un chantier de génie végétal mené hors saison

Août – octobre 2025
Normalement, les travaux en génie végétal se réalisent entre novembre et mars. Compte tenu du caractère urgent et des crues fréquentes du Gier, le chantier a débuté fin août, après la réalisation des ouvrages de génie civil, et s’est poursuivi jusqu’à fin septembre, avec des compléments de plantation en novembre.

Travailler à cette période constitue un vrai challenge. Pour optimiser les chances de reprise des végétaux, nous avons collaboré avec notre fournisseur de saules en flux tendu, avec des livraisons quotidiennes de plants prélevés la veille et immédiatement mis en jauge avant leur implantation.

Génie végétal - Mise en jauge des saules

Stabilisation des pieds de berge par fascines

En période d’étiage*, une première section de fascines d’hélophytes (2 x 20 m) a été réalisée, suivie de trois fascines de saules sur 70 m, pour protéger les pieds de berge et constituer une base stable pour les aménagements supérieurs.

*Étiage : période durant laquelle le débit d’un cours d’eau est minimal.

Réalisation des fascines d’hélophytes

Cet ouvrage favorise la formation d’un ourlet végétal dense offrant une protection souple contre le courant, le batillage et le marnage.

Pose de ramilles anti-affouillement sans capacité de reprise végétative.
L’accès au pied de berge est isolé de la rivière grâce à la piste d’accès créée auparavant.

Pose du géotextile et remplissage en terre — les gros blocs sont ici retirés.

Mise en place de la terre et fermeture du boudin 

Battage des pieux et ligaturage. Les mottes d’hélophytes seront plantées par la suite.

La fascine d’hélophytes

Ouvrage de protection de pied de berge constitué d’un boudin en géotextile biodégradable (treillis noué), lesté de terre, végétalisé par des mottes d’hélophytes et fixé au substrat au moyen d’une rangée de pieux.

Conception des fascines de saules

Les fascines de saules constituent une solution immédiatement efficace, assurant la stabilisation du pied de berge avant la reprise végétative, en particulier sur les sites soumis à de fortes sollicitations hydromécaniques. Elles ont été implantées ici en trois sections, sur 70 ml, entre les épis plongeants et un enrochement liaisonné.

Fascine de saules - Pieux en quinconce

Des pieux sont enfoncés mécaniquement en quinconce au moyen d’une cloche de battage.

Fascine de saules et branches anti-affouillement

Pour limiter tout processus d’affouillement sous la fascine, des ramilles de saules sont disposées perpendiculairement à la berge.

Fascine d'hélophyte boudin

Les fagots de branches sont répartis, puis les branches de saules sont mises en place entre les pieux en démarrant à l’aval de l’ouvrage.

Des matériaux terreux sont ajoutés et compactés entre les rangées de pieux, puis ceux-ci sont attachés entre eux.

La fascine de saules

Technique de stabilisation de berge reposant sur le tressage de branches vivantes de saules, associées à des matériaux terreux compactés entre deux rangées de pieux battus mécaniquement à refus.

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Confortement du talus avec lits de plants et plançons

Reprofilage du talus

Une fois les pieds de berge sécurisés, le talus a été conforté et reprofilé au fur et à mesure de la création des lits de plants et plançons. Cette approche a permis d’adoucir progressivement la pente jusqu’à atteindre un profil moyen de 2H/1V.
Aux extrémités de la zone traitée, le raccordement avec le talus existant a nécessité un profil plus raide, réalisé localement avec une pente de 1H/1V.

Mise en œuvre des lits de plants et plançons

Au total, 10 étages de lits ont été réalisés, représentant 1 250 mètres linéaires d’ouvrages.

En raison de la proximité immédiate de l’eau, les trois premiers niveaux ont été constitués principalement de plançons, mieux adaptés aux conditions hydriques. Les étages supérieurs ont ensuite été réalisés en lits de plants afin d’assurer à la fois la stabilisation mécanique et la reprise végétale durable.

10 étages de lits ont été réalisés sur des pieds de berge en fascines d’hélophytes ou de saules, pour un total de 1 250 mètres linéaires d’ouvrages.

Reprofilage des pentes

• 1H/1V = 1 m horizontal pour 1 m vertical → pente raide (≈ 45°)
• 2H/1V : pente plus douce et plus stable

Les lits de plants et plançons

Procédé de confortement de talus soumis à des contraintes hydrauliques, fondé sur l’alternance de plançons, de plants et de boudins terreux formant des ceintures végétales stabilisatrices. Le développement racinaire combiné des végétaux assure le maintien durable des berges, selon un principe proche de la terre armée.

Lit de plançons et fine couche de terre sur le pied de berge

Le premier rang commence par la mise en place des plançons et d’une fine couche de terre, recouverte d’un géotextile biodégradable et de planches servant de coffrage, puis par l’ajout de matériaux gravelo-terreux.

Lit de plançons, formation du boudin avec géotextile

Le géotextile est refermé de manière à former un boudin qui sera ensuite compacté.

Lit de plants et plançons - Niveaux montés pour obtenir une pente douce

Les niveaux sont montés de façon à obtenir la pente prévue au projet, ici une pente douce de 2H/1V.

Lits de plants et plançons - Reprofilage du talus
Lits de plants et plançons - Ajout de plants en godets

À compter du quatrième niveau, seuls des plants en godets sont implantés.

Gîtes à guêpier positionnés entre les lits de plants et plançons

Sur cet ouvrage, des gîtes favorables au guêpier ont été mis en place.

Techniques de liaison entre ouvrages de génie végétal et de génie civil

Les techniques mixtes en confortement de berge

Lorsqu’un aménagement de berge combine des techniques de génie végétal et des ouvrages de génie civil – on parle alors de techniques mixtes (gabions, enrochements, murs, seuils…) – la zone de liaison entre ces ouvrages constitue un point particulièrement sensible. La réussite de l’aménagement repose en grande partie sur la qualité de ces raccordements.

Des liaisons progressives

On privilégie des transitions progressives entre les ouvrages plutôt qu’un contact direct entre une structure rigide et un dispositif végétalisé. Ces adaptations, notamment en termes de rugosité et de profil, permettent de limiter les phénomènes d’érosion localisée. Elles peuvent prendre différentes formes : zones intermédiaires en matériaux minéraux plus souples, ancrages en pied pour stabiliser les ouvrages végétaux ou encore raccordements en pente douce pour limiter l’érosion et répartir les efforts.

Les ouvrages minéraux assurent une stabilité immédiate, tandis que la végétation prend progressivement le relais grâce au développement racinaire.

Fin de chantier

2800 arbres et arbustes

Plantation sur le haut du talus

Sur le haut de l’ouvrage, de la terre végétale a été mise en œuvre, recouverte d’un treillis de géotextile biodégradable, puis plantée de 2800 arbres et arbustes en novembre. L’ensemble des surfaces a été ensemencé.

Confortement de talus en génie végétal
Géotextile ancrés sur le talus

Aux extrémités, la toile coco a été ancrée à l’aide de pieux du fait de la pente raide

Mesures ERAS

Dans le cadre des mesures ERAS (Éviter, Réduire, Accompagner, Restaurer), plusieurs actions ont été menées pour protéger le milieu naturel durant le chantier. Une pêche de sauvegarde a été réalisée afin de préserver les populations aquatiques avant travaux, tandis que des nichoirs dédiés aux Guêpiers d’Europe ont été installés pour accompagner la faune locale. Ces mesures, ajoutées à la lutte contre les espèces exotiques envahissantes et à la remise en état des zones impactées, ont permis de réduire les effets des travaux sur les écosystèmes environnants.

Le confortement de talus en génie végétal

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